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Présidentielle au Mali : peu d’incidents observés à la mi-journée

Les Maliens votent dimanche 12 août pour départager Ibrahim Boubacar Keïta et Soumaïla Cissé. Si l’affiche, identique à celle de 2013, passionne peu les électeurs, ce second tour est marqué par deux défis : la sécurité et la transparence.

Les Maliens votent dimanche 12 août pour départager Ibrahim Boubacar Keïta et Soumaïla Cissé. Si l’affiche, identique à celle de 2013, passionne peu les électeurs, ce second tour est marqué par deux défis : la sécurité et la transparence.

L’affluence est faible dans les bureaux de vote de Bamako pour ce second tour de la présidentielle. Le taux de participation, habituellement faible au Mali, devrait être encore bas malgré les nombreux appels à la mobilisation des deux candidats en lice.

Les Maliens votent dimanche 12 août pour départager Ibrahim Boubacar Keïta et Soumaïla Cissé. Si l’affiche, identique à celle de 2013, passionne peu les électeurs, ce second tour est marqué par deux défis : la sécurité et la transparence.

L’affluence est faible dans les bureaux de vote de Bamako pour ce second tour de la présidentielle. Le taux de participation, habituellement faible au Mali, devrait être encore bas malgré les nombreux appels à la mobilisation des deux candidats en lice.
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L’affiche du second tour, exactement la même qu’il y a cinq ans, peine en effet à passionner. Le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, arrivé largement en tête au premier tour avec 41,70%, affronte de nouveau le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, qui a remporté 17,78% des suffrages. En 2013, la participation avait été de 48,98% au premier tour et de 45,78% au second.

Transparence

Premier enjeu de cette journée : le respect des procédures lors des opérations de vote. Selon le Pool d’observation citoyenne du Mali (Pocim), 99% des 765 bureaux de vote couverts par leurs 2 000 observateurs ont ouvert. Le regroupement d’organisations de la société civile malienne déplorait cependant à la mi journée quelques « incidents et actes d’intimidation ».

Le Pocim a ainsi annoncé avoir constaté « l’absence de présidents de quelques bureaux de vote et d’assesseurs ainsi que celle d’au moins un délégué dans 172 bureaux sur les 765 qu’il observe, soit 22,93%. » Les observateurs maliens ont également relevé « l’absence de liste électorale et la mauvaise qualité de l’encre » dans plusieurs bureaux de vote à Sikasso, Koulikoro, Gao et Bamako.

Un incident concernant la désignation de l’assesseur de l’opposition à Mopti a aussi marqué ce début de vote, celui-ci ayant été « désigné par le sous-préfet », alors que Soumaïla Cissé avait obtenu de choisir ses assesseurs dans l’ensemble des bureaux de vote pour le second tour.

La sécurisation est l’un des enjeux majeurs de ce scrutin. L’opposition en a fait l’une de ses exigences afin d’éviter « des fraudes et bourrages d’urnes ». La mission d’observation de l’Union européenne avait pour sa part exigé et obtenu des autorités la publication des résultats par bureaux de vote et la liste des bureaux où le vote n’a pas eu lieu.

Cécile Kyengé, chef de la mission d’observation de l’UE, a salué à la mi journée le fait que le scrutin avait « commencé à l’heure » dans les 40 bureaux de vote dans lesquels ses observateurs étaient présents. Elle a cependant insisté sur la nécessité de garantir « la transparence et la sécurité » de ce second tour.

Selon des chiffres publiés par le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation (MATD), le scrutin du 29 juillet n’a pas pu se tenir dans 871 bureaux de vote dans le Centre et le Nord du pays minés par l’insécurité et sous influence de groupes jihadistes.

Le gouvernement s’est engagé à renforcer le dispositif sécuritaire. Samedi 11 août, à la veille du second tour, le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga et le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général Salif Traoré, se sont rendus à Mopti « afin de constater l’opérationnalité du dispositif de sécurisation ».

Le Premier ministre y a annoncé « une combinaison des moyens terrestres et aériens des forces armées et de sécurité, incluant le déploiement de 6 000 hommes supplémentaires sur l’ensemble du territoire. » Ce qui porte les effectifs à 36 000 hommes, toutes forces confondues, chargés de la sécurisation des bureaux de vote. Il a également demandé « aux habitants de la région et aux Maliens de ne pas se laisser intimider par les menaces ».

Le MATD a de son côté publié une directive portant sur la possibilité, pour certains bureaux de vote où des violences ont perturbé le scrutin, d’être déplacés pour des raisons de sécurité. Une décision saluée par les observateurs nationaux et internationaux. La mission d’observation de l’Union européenne a cependant préconisé que la nouvelle localisation fasse l’objet d’un consensus préalable entre les candidats et les partis politiques et que le public soit largement informé.
Défiance

La courte campagne de l’entre l’entre-deux tours a été marquée par un climat de défiance entre le gouvernement et l’opposition, faisant même peser des inquiétudes sur l’acceptation des résultats issus des urnes. L’opposition a organisé une marche à Bamako, à la veille du scrutin, pour protester « contre la fraude et un hold-up électoral ». Et depuis l’ouverture des bureaux, les équipes du chef de file de l’opposition dénoncent déjà des irrégularités.

Dans la nuit de samedi à dimanche, Tiébilé Dramé, directeur de la campagne de Soumaïla Cissé, a affirmé être « entré en possession d’un carnet de bulletins de vote, samedi 11 août dans l’après-midi à Bamako ». Pour l’équipe de l’opposant, ces lots de bulletins, placés sous la responsabilité du MATD selon la loi électorale, devraient être « placés sous scellés et ouverts dans les bureaux de vote le jour du scrutin en présence des mandataires des candidats et des assesseurs ».

« Cette découverte préoccupante constitue une preuve supplémentaire des anomalies qui émaillent la préparation et l’organisation de cette élection présidentielle », a accusé Tiébilé Dramé, tout en appelant à la « vigilance » des observateurs et de la communauté internationale.

« Sortons pour voter dans le respect et la sérénité », a pour sa part déclaré Ibrahim Boubacar Keïta, après avoir glissé son bulletin dans l’urne, dans la matinée à Sébénicoro, à Bamako. Le président sortant a par ailleurs appelé à ce que « tout le monde évite la violence ».

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