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IBK aux populations de Gao : « le Mali est promis à un avenir brillant »

En recevant dans la Salle des Banquets du Palais Présidentiel de Koulouba, le samedi 24 mars 2018, une forte délégation venue des cercles de la région de Gao, le Président de la République a prononcé des paroles fortes qui sonnent comme un appel à l’union des cœurs et des esprits, au sursaut national et au dépassement de soi. Extraits :

« Le Mali est un pays de noir et de blanc, le Mali est un pays de métissage, de brassage, d’interculturalité, pas un pays d’exclusion, pas un pays de racisme – cela, c’est ailleurs, pas au Mali. Ce n’est rien connaître à l’histoire du Mali, c’est être ignorant de ce qu’est le Mali que de prétendre le contraire. Et pour savoir le Mali, il faut aller chez vous, s’imprégner de la beauté des nuits passées sur la dune ; les échanges heureux et utiles avec les anciens pour vous connaître vous-mêmes. Que de riches leçons avons-nous tirées au contact des hommes et des femmes qui travaillaient avec nous en ce temps-là, que ce soit dans le cadre de telle ou telle mission, dont la dernière a été pour nous une école de vie, où nous avons appris en appuyant les projets villageois. Au contact des populations nous avons appris, nous avons compris que la science universitaire ne devrait pas rendre sourd et aveugle à ce que l’expérience, l’acquis des hommes peut vous apporter. Pour l’avoir oublié, il est arrivé quelques échecs retentissants, c’est pourquoi nous avons eus les contacts les plus heureux chaque fois avec les chefs de village, avec les populations, pour examiner telle ou telle question et décider ensemble de ce qu’il conviendrait de faire pour le bonheur local, pour le développement local, et nous avons trouvé là un peuple de très grande dignité, soucieux d’être au diapason du monde moderne, contemporain de son siècle. »

« Notre pays qu’on le reconnaisse ou non, avance, il avance superbement. La joie de mon cœur, en voyant mon jeune frère Soumeylou descendre de l’hélicoptère à Kidal, accueilli par Kidal, en réunion avec la société civile de Kidal, tenant les paroles qu’il a tenues en mon nom, en mes lieu et place ! J’ai dit que l’espoir au Mali est permis, et le Mali uni n’est plus un rêve, c’est une réalité. Il nous appartient maintenant au quotidien de traduire de belle façon en faisant chacun, chacune en ce qui le concerne, en ce qui la concerne, sa part de travail de réconciliation des cœurs et des esprits. Que nul ne nous divise, que nul ne nous amène à considérer le plus que frère comme un ennemi – il ne l’est pas. Donc, je vous le dis : l’espoir est permis et cela va continuer. Aujourd’hui, en dépit de tout ce qui est ambiant, les violences, les engins improvisés sur nos chemins, rien ne nous découragera. »

« Le Gouvernement est à la tâche, nous sommes en train de mettre en œuvre l’Accord pour la paix et la réconciliation. Ce n’est pas un accord parfait, je l’ai dit, il n’en existe pas d’ailleurs ; mais que quelqu’un nous donne une alternative, il n’y en a pas. Ah ça, parler… on sait parler. J’ai dit, il y a des ministres du verbe qui sont vraiment éloquents, moi je vais être un ministre de l’action. Je leur laisse le ministère de la parole, qu’ils parlent, pourvu que les Maliens voient la lumière, que les Maliens boivent de l’eau potable, que les Maliens empruntent des routes carrossables dignes des temps modernes, que les Maliens soit soignés dans des hôpitaux de référence indiscutables, cela est ma tâche, cela est la mission à laquelle j’ai été conviée par vous, l’essentiel, c’est ce que vous Maliens savez et vivez. L’accueil fait au Chef de gouvernement est un hommage vibrant, une belle réponse à ceux qui doutent du Mali. Si aujourd’hui, ce pays est la troisième économie de l’Ouest africain, ce n’est pas parce qu’on veut nous faire plaisir, la concurrence est dure, elle est rude, on ne nous fait aucun cadeau. Ce succès, nous l’avons mérité par nos résultats économiques. L’économie ne ment pas, on ne peut pas faire dire à l’économie ce qu’on veut, les réalités économiques sont têtues. Si nous sommes aujourd’hui premier producteur de coton, c’est le labeur, la sueur de nos paysans cotonculteurs qui nous vaut cela. Si nous avons maintenu à bout de bras avec patience, courage, abnégation, détermination notre troisième place de producteur d’or au sud du Sahara après l’Afrique du Sud et le Ghana, nous l’avons mérité ; et cela n’est pas une surprise pour qui connait l’histoire. Je suis très fier d’être Malien, parce que je sais la belle histoire du Mali. Oui, troisième producteur d’or, ce n’est pas étonnant. Dans l’histoire mondiale, il n’y a aucun souvenir d’un homme qui aura eu en sa possession autant d’or que Mansa Moussa, il n’y a en pas, nos amis Américains aiment bien chercher, mais ils n’ont pas trouvé dans l’histoire un homme qui a été plus riche que Kankou Moussa. Il était riche de quoi ? D’or, de l’or du Bambouc et du Bouré. Le Bambouc et le Bouré sont encore aujourd’hui des zones où on produit l’or au Mali. On vient d’inaugurer encore une mine d’or à Fekola, qui est donnée pour être l’une des plus prometteuses dans son genre. Donc, ce pays est promis à un avenir brillant, si ses enfants arrivent à s’oublier un peu et à penser à lui…

Qui sommes-nous dans nos petitesses ? Chacun se prend pour un être surdimensionné : « mon ego », « moi qui… » Es-tu plus grand que le Prophète Mouhamadou Psl ? Dimensionnes-toi, penses à ton pays. IBK n’a rien fait de spécial, il n’a rien payé, Allah soubahana wat’Allah l’a voulu. Si c’est parce que Allah l’a voulu, toi tu deviens intraitable, tu as un problème avec celui qui a mis IBK là, qui a fait qu’il soit là… Soyons fraternels, ayons pitié du Mali, donnons nous la main pour avancer. Toutes ces bagarres qui n’ont pas de sens, ces méchancetés, ces jalousies mesquines retardent. Il y en a un qui avance, il y en a cent qui tirent. Allons-y ensemble, allègrement, on a les atouts pour ça. Au plan humain, on a des ressorts, on a une histoire fabuleuse, une belle histoire qui rend tout homme fier, tout peuple fier. Le Mali est un vieux pays, un vieux socle, on doit faire attention. Les enfants du Mali doivent savoir que plus qu’aucun autre, ils doivent réfléchir à ne pas poser d’actes qui retardent le progrès de leur pays, qu’aucun de nous ne vaut le Mali, aucun de nous ne vaut qu’on retarde le Mali à cause de lui. Le Mali vient de loin, le Mali est présent dans le monde aujourd’hui, le Mali ira loin Inch’allah.

Ayons un regard rétrospectif : quelques années plus tôt, on n’osait même plus se regarder, on n’osait pas se parler. Aujourd’hui, on est ensemble là et on sera de plus en plus ensemble. Maliens du nord au sud, noirs et blancs, mais ensemble : on est frères. Dieu nous à fait ainsi, Dieu veut que nous soyons ainsi, la main dans la main. Si nous ne le faisions pas, nous ne serions pas de bons musulmans, c’est pourquoi j’ai dit que celui qui vient de l’extérieur et qui pense qu’il va apprendre la religion musulmane aux Maliens, notamment à nos frères de Gao, de Tombouctou, il faut qu’il dise la vérité : il est venu pour autre chose, mais pas pour l’islam, parce que l’islam est connu là, ce sont des centres émetteurs, au plan théologique, au plan de l’implantation du droit islamique. »

« Nous vous savons gré d’être venus ici dans votre Palais de Koulouba et cela dans la mission qui est la nôtre, qui est une mission difficile. Nous nous sentons conforté à un niveau que vous ne pouvez pas imaginer et désormais pour y aller, faire de ce pays ce que les uns et les unes et les autres souhaitent qu’il soit, un Mali debout, un Mali de dignité, un Mali de progrès, un Mali accueillant pour ses enfants, un Mali soucieux d’eux. Que partout dans ce pays, la culture, l’éducation redeviennent comme par le passé des sujets majeurs, que nous songions à l’éducation civique de nos enfants pour en faire des hommes de dignité, pas des copies pâles de ce qui se passe dans d’autres civilisations où l’irrespect a été érigé en système, où l’enfant gifle, insulte le père. Ces modèles-là ne sont pas nôtres et ce n’est pas à encourager. Hélas, aujourd’hui certains s’en font une belle compagnie… Tant pis pour eux, mais que l’ensemble des Maliens se souvienne de lui-même, se redresse et dise non à cela. Le Mali, c’est autre chose : la dignité, le respect, le progrès, l’effort, la fraternité. »

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