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Mali : recettes internes augmentent de plus de 50% depuis 2013

À la veille du Sommet du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad) le 23 Février, les déclarations du ministre des Finances Boubou Cissé donnent la justification parfaite pour que le Président du Mali, Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, y soit présent. Cette conférence de financement de Bruxelles va permettre aux pays du Sahel de récolter des fonds pour soutenir la lutte militaire contre les djihadistes.

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L’objectif de cette conférence est, à la fin, de rassembler plus de financement auprès des pays donateurs pour permettre le déploiement effectif et durable de cette force militaire dans la région en proie aux attaques terroristes. Le G5 Sahel doit prendre en partie le relais de l’opération anti-djihadiste Barkhane de l’armée française, d’où la présence d’Emmanuel Macron a cet évènement.  « Il faut 423 millions de dollars par an pour assurer la montée en puissance de la force conjointe du G5, dotée de 5 000 hommes, l’équiper et mettre à sa disposition les infrastructures militaires nécessaires », dit Boubou Cissé.

Concernant la situation interne du Mali, Boubou Cissé  informe que « le coût de l’effort militaire sur le budget malien représente 22 % du budget national, soit environ 600 millions de dollars par an. Les trois quarts vont à l’armée et un quart à la sécurité intérieure. Il faut assurer la masse salariale de 30 000 hommes. En 2016 et 2017, nous avons recruté 10 200 soldats pour renforcer l’armée et 1 500 policiers. Nous avons prévu d’embaucher 5 100 soldats et 2 000 policiers supplémentaires pour l’année 2018. Ce budget militaire comprend également les équipements et la formation, dont une partie est aussi dispensée par des partenaires extérieurs comme l’Union européenne. Nous avons en outre mis en place depuis 2016 une force spéciale antiterroriste (Forsat), une sorte de GIGN. Cette structure opérationnelle est constituée de 180 éléments triés sur le volet (60 policiers, 60 gendarmes et 60 gardes nationaux). C’est une troupe d’élite, très bien formée, mobilisable rapidement sur des terrains à haut risque terroriste comme en juin dernier lors de l’attaque du campement de Kangaba, en périphérie de Bamako. »

Le gouvernement malien met en œuvre aussi un plan de sécurisation des régions du centre. Ce plan prévoit le redéploiement de militaires, de policiers, de gendarmes, de gardes forestiers et d’autres représentants de l’État. Son objectif est d’avoir 3 000 éléments des forces de sécurité sur le terrain d’ici deux mois pour sécuriser la zone. Cela permettra de recréer un climat de confiance avec la population, de mettre en œuvre des actions de développement (santé, éducation, agriculture) et de préparer l’élection présidentielle, le 29 juillet prochain. Le gouvernement a prévu de dépenser 100 millions de dollars pour financer le cycle électoral (présidentielle et législatives).

Pour les élections, le gouvernement prévoit réaliser un audit du fichier électoral, une révision exceptionnelle des fichiers (opérations spéciales d’enrôlement) et de fabriquer de nouvelles cartes d’électeurs. Le gouvernement étudie aussi l’acquisition d’un processus de transmission sécurisée pour la compilation des résultats. « Ce qui explique la cherté du processus mais c’est le prix à payer pour assurer des élections crédibles et transparentes et pour éviter les contestations. »

Les ressources pour financer ces actions « sont d’abord mobilisées en interne à travers les recettes fiscales et douanières qui ont connu une augmentation de plus de 50 % depuis l’année 2013. Les cours de l’or et du coton, qui assurent 80 % de nos recettes d’exportation, se portent bien. La récolte cotonnière devrait atteindre un record à 707 000 tonnes, ce qui fait du Mali le premier producteur en Afrique au sud du Sahara. Et la production aurifère, avec 48 tonnes extraites, est en hausse. Une grande société canadienne, B2Gold, a découvert la plus grande mine d’or de la sous-région, à Fékola, près de la grande ville de Kayes. Cela nous permet d’avoir des ressources additionnelles et d’accroître nos investissements dans l’agriculture (15 % du budget) et dans les infrastructures routières et énergétiques. La priorité va au désenclavement de certaines zones comme Sadiola, Ségou, Sévaré. Plus de 42 % des investissements proviennent du budget de l’État. Nous espérons avoir une croissance de plus de 6 % en 2018 contre 5,6 % en 2017» indique le ministre des Finances.

Pour le processus de décentralisation, l’Etat malien prévoie de transférer 30 % de recettes budgétaires aux collectivités locales dans le cadre des engagements pris dans l’Accord pour la paix et la réconciliation. « Cela se fait concomitamment au processus de décentralisation des services de l’État, en vue de transférer les compétences de gestion au niveau local. Cela nécessite l’adaptation des textes et des lois et la sécurisation des transferts de fonds (redevabilité, reddition des comptes) ».

 

Crédits:

lepoint.fr

L’opinion.fr

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