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Un photographe et une journaliste de l’Union publient un livre sur l’Opération Barkhane au Mali

Au contact

«  J’ai eu l’opportunité d’y retourner en août dernier et j’ai été intégré à des convois de ravitaillement entre Gao et Kidal. Il faisait une chaleur étouffante et dans le véhicule de l’avant blindé, c’était éprouvant car on ne devait jamais se séparer de son gilet pare-éclats. Il fallait boire huit à neuf litres d’eau par jour avec des sels minéraux pour tenir avec l’équipement. Je me suis demandé si j’allais bien gérer cela dans la durée mais la passion m’a aidé à relever le challenge. J’ai dû m’économiser, bien doser mes efforts pour ne pas me faire piéger. J’ai vite compris que pour nos militaires, c’était la même chose  ».

Et de raconter  : «  Au début, on m’a observé. J’étais le photographe de Barkhane. Puis des liens de confiance se sont noués. Il y a même eu une franche complicité avec ces hommes et ces femmes en Opex, bien préparés à ce qui les attendait ».

Notre confrère Aurélien Laudy a rapporté plus de 800 photos de son séjour au Mali.
Notre confrère Aurélien Laudy a rapporté plus de 800 photos de son séjour au Mali.

« Je me suis demandé si j’allais bien gérer cela dans la durée mais la passion m’a aidé à relever le challenge »

Aurélien Laudy

Le désert est éprouvant même pour les plus robustes et ceux qui ont fait plusieurs séjours dans un milieu inhospitalier. Aurélien qui est aussi boxeur amateur et s’astreint à un entraînement de haut niveau a perdu sept kilos de masse musculaire pendant l’opération   !

Rigueur et enthousiasme

Toujours respectueux du protocole, Aurélien ne s’est jamais voulu gênant mais a su observer, suivre, déclencher son appareil au bon moment pour avoir l’image juste, puissante, sincère, vraie, celle qui se comprend avec une simple légende. Il a rapporté 890 photographies exploitables et s’est livré au dur exercice de la sélection pour donner de la cohérence à ce beau livre simplement titré  : « Opération Barkhane ».

Le général François Lecointre, chef d’état-major des armées en rappelle la finalité et le mouvement  : «  Il s’agit de contribuer à empêcher la reconstitution de sanctuaires terroristes dans l’ensemble de la région. Les forces partenaires de la Bande Sahélo-Saharienne ont affiché leur détermination à s’approprier la mission  ».

Le contact des soldats de l’opération Barkhane avec les enfants dans les différents villages traversés.
Le contact des soldats de l’opération Barkhane avec les enfants dans les différents villages traversés.

Au jour le jour, Aurélien a rempli un carnet de bord dans lequel il a résumé chaque étape et résumé ses impressions. Un peu à la manière de ce que faisaient des poilus dans les tranchées loin des leurs. «  J’ai noté les détails de nos déplacements, le hors piste, la nécessité de ne pas stopper entre deux points sauf en cas d’urgence pour ne pas être une cible facile. J’ai mesuré toutes les précautions prises pour détecter et éviter les engins explosifs improvisés parce que les terroristes harcèlent les forces. C’est un état de guerre. On le sait. Il faut être prêt. Dans sa tête. Par ses réactions. Faire équipe et suivre en pleine discipline ceux qu’on accompagne  ».

Au retour Aurélien finalise le projet avec sa consœur de L’Union-L’Ardennais, Sophie Bracquemart qui avait été du premier déplacement au Mali avec les militaires ardennais. Il ne s’agissait pas de faire de grands discours mais de réussir des légendes fortes et pédagogiques, restituant l’authenticité de l’action menée par les équipes de Barkhane.

Reporter photographe, il s’inscrit dans le quotidien des membres de l’opération, l’usage de leurs matériels, la coordination de leurs efforts, la protection, l’assistance sanitaire, le soutien scolaire, et laisse à ceux qui ont l’expertise, le soin d’expliquer y compris comment sont associés les spécialistes des différentes armes dans la réalisation de la mission.

Cela est en phase avec la maison d’édition « l’Esprit de tous les Combats », qui, comme l’explique Corinne Krebs, rend compte  : «  des aspects humains dans tous les contextes où le conflit est présent où la valeur des hommes et des femmes est en action  » dans une zone d’intervention qui est aussi vaste que l’Europe.

Comment se procurer l’ouvrage?

L’ouvrage Opération Barkhane qui offre l’opportunité de retrouver les forces françaises engagées dans la Bande Sahélo Saharienne sur un théâtre d’opérations de trois mille kilomètres qui s’étend de la Mauritanie au Tchad par le Mali, le Burkina-Faso et le Niger peut être souscrit. Il n’est pas réservé aux anciens des Opex ni à leurs familles pas plus qu’aux militaires des unités engagées sur ce théâtre extérieur. Il est accessible à tous et est une opportunité pour bien prendre conscience du sens à donner à cette présence, loin de la métropole.

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Il suffit de s’adresser aux Éditions de Tous Les Combats, 6, rue Villebois-Mareuil, 75017-Paris. Le prix préférentiel est de 22 euros TTC au lieu de 29,90 euros TTC. Le paiement doit être établi par chèque à l’ordre de E.T.L.C. Ne pas omettre d’indiquer le nom du destinataire, son adresse avec le bon code postal et

pourquoi pas un numéro de téléphone ou une adresse courriel pour être joint. On peut aussi contacter l’éditrice Corinne Krebs au 06 13 53 51 31.

Une préface signée Emmanuel Macron

Que le président de la République accepte de préfacer cet ouvrage n’est pas anodin. C’est un signe de reconnaissance envers les militaires déployés au sein de l’opération Barkhane et qui risquent leur vie, pleinement investis dans la mission qui leur a été confiée.

Le message est clair. Il est celui du chef des armées portant en première ligne l’esprit de fraternité : «  A tous ceux qui servent et qui ont servi sur ce théâtre d’opérations extérieures, j’adresse très chaleureusement le salut reconnaissance de la Nation tout entière  ». Il n’omet pas d’évoquer le sacrifice suprême les blessures douloureuses pour témoigner encore que le don de soi a un sens : «  Il n’est pas un seul français qui ne sache que la sérénité de nos existences, la sécurité de nos enfants, les joies de notre quotidien ont le prix du sacrifice suprême de ces héros  ».

Tous ces soldats que l’on croise au fil des pages, concentrés et exigeants pour bien agir dans ce qui leur a été demandé d’accomplir sont des hommes et des femmes, avec un parcours particulier, une famille, une histoire mais lorsqu’ils sont sur le terrain, ils sont capables de tout donner jusqu’à leur vie par amour pour leur pays et par fierté pour son drapeau. Alors les mots du chef de l’État comptent comme ceux des chefs d’état-major et de tous les relais qui, au sein de la chaîne de commandement qui par leur savoir-faire, leur savoir dire et leur savoir être, concourent à ce que l’œuvre soit accomplie.

Sophie Bracquemart, journaliste à l’Union l’Ardennais

Vous êtes journaliste à Rethel après l’avoir été à Châlons-en-Champagne mais vous n’avez pas découvert l’opération Barkhane avec ce projet de livre ?

Je me suis rendu avec Aurélien Laudy au Mali en janvier 2017 pour accompagner des militaires du 3e régiment du Génie de Charleville-Mézières et me faire une idée de ce que représentait une mission en Opex, donc très loin des Ardennes. J’avais alors fait du reportage, du vécu des différentes tâches que les soldats accomplissaient. Aurélien était l’œil capable de saisir le bon moment pour obtenir la meilleure image qui soit et pleinement en phase avec le sujet abordé. À notre retour, nous avions échangé sur notre expérience et envisagé de retourner dans la bande sahélo-saharienne.

Sophie Bracquemart-01

Ce projet d’album était une opportunité idéale pour retravailler sur cette opération et la capacité opérationnelle française ?

Oui, mais je n’ai pas pu faire le voyage de l’été dernier. Aurélien a non seulement réalisé plusieurs centaines d’images mais il a écrit au jour le jour ce qu’il faisait, voyait sur le terrain et notait ses sentiments sur ce qui se passait. J’ai donc travaillé avec lui pour retranscrire et synthétiser son récit tout en ayant à cœur de bien contextualiser chaque image pour leur donner plus de force mais offrir aussi une lecture pédagogique de la mission. L’objectif a été d’être clair et concis. Notre travail est d’abord enrichi par l’expertise apportée par des officiers généraux. L’un a conduit l’opération Serval, il s’agit du général Bernard Barrera, actuel major général de l’armée de terre mais surtout l’actuel chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, explique la mission Barkhane et les moyens mobilisés, les tâches dévolues aux forces. Le chef d’état-major de l’armée de l’air et le chef d’état-major de l’armée de terre s’expriment aussi.

Êtes-vous prête à recommencer ?

L’expérience a été enrichissante. Après un temps de reportage, il s’agit d’une autre forme d’expression. Je suis toujours partante. Mon métier me passionne et ceux qui s’engagent aussi. Cela tombe bien.

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