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D’une pierre, deux coups. Macron tenait à séduire à la fois la jeunesse africaine mais aussi celle française originaire d’Afrique. Considérez ce paragraphe :

« J’entends souvent dire que la force de l’Afrique, c’est sa jeunesse. Quand je vois les chiffres, qu’il s’agisse du Faso comme de toute la région, il est difficile de dire le contraire. Mais permettez-moi de dire que la force de la France, surtout en Europe aujourd’hui, c’est aussi sa jeunesse. Et sa jeunesse, elle est en partie issue de cette Histoire commune. Sa jeunesse, pour partie, elle regarde aussi l’Afrique. Elle nous écoute quand nous parlons d’Afrique parce que nous lui parlons à elle-même. La jeunesse française est aussi pour partie une jeunesse sénégalaise, ivoirienne, guinéenne, burkinabé, nigérienne, malienne ; elle est aussi tout cela. Et donc lorsque je vous parle de vous, je vous parle aussi de moi ».

Macron sait que cette jeunesse est en colère contre la politique africaine de la France depuis les indépendances et qu’elle veut le changement. Il rend hommage à Mandela « l’un des plus beaux souvenirs politiques », et à Thomas Sankara, les deux personnalités probablement les plus populaires en Afrique.

Il promet de contourner les vieux dictateurs qui ne veulent pas renouveler le leadership du continent et de travailler directement avec les jeunes, à travers les ONG, les entreprises, etc. Il dit à la jeunesse africaine ce qu’elle veut entendre.

Et sur ce point, les leaders Africains ont beaucoup à apprendre du président français. Très peu parmi eux osent parler à la jeunesse. Dans la plupart de cas, on s’adresse à eux seulement pour les menacer de les exclure des Universités quand ils sont en grève. Au lieu de les considérer comme « une force » pour leur pays, les pouvoirs considèrent les jeunes comme des éléments de subversion dont il faut se méfier, qu’il faut faire taire, menacer, réprimer. Sur un continent où « 70 % de la population a moins de 30 ans » comme le souligne Macron, les pouvoirs africains devront changer radicalement leur rapport à la jeunesse s’ils veulent durer.

Se laissera-t-elle charmer ?

Mais retournons à Macron. Son discours n’est pas mauvais, mais son impact dépendra de  sa capacité de joindre les actes aux paroles.

Les jeunes africains ne sont pas naïfs, ils sont habitués à voir les politiciens dire des choses et faire le contraire. Et jusqu’à présent, Emmanuel Macron n’a pas encore prouvé par les actes que sa politique africaine sera différente de celle de ses prédécesseurs.

Ce que les jeunes Africains attendent par-dessus tout de Macron est que la France arrête de soutenir des dictateurs qui sont devenus les principaux fossoyeurs des aspirations des jeunes.