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Mali/Solidarité : Et si Octobre était aussi le mois de l’eau potable pour tous ?

Le mois de la Solidarité est établi au Mali depuis 1995. Mais c’est en 2001 qu’il a été officiellement institué. Depuis cette date, tous les Gouvernements successifs se sont pliés à cet exercice qui reflète par ailleurs un pan important de notre culture. Au-delà de l’influence de l’Islam, notre société est basée sur la solidarité, moteur essentiel d’un certain équilibre qui a fait éviter bien des dérapages que le dénuement et le désespoir peuvent susciter. Après 23 ans, il est temps de donner un nouveau souffle au concept en le revisitant.

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Comme l’a souligné le parrain de l’édition 2017, Ousmane Madani Haïdara, la solidarité doit se manifester tous les jours. Et c’est ainsi dans notre société. Des centaines de milliers de Maliens et de Maliennes, voire des millions, vivent une vie relativement paisible grâce à la solidarité. Celle-ci se manifeste dans les familles où les enfants bénéficient de l’accompagnement de chacun et de tous. Il est peu de familles maliennes où l’on ne trouve pas des enfants d’un frère, d’une sœur, d’une nièce ou d’un neveu.

À Bamako, et dans les grands centres urbains du Mali, nombreux sont les fonctionnaires et autres travailleurs qui ont en charge des parents restés au village et auxquels il faut régulièrement envoyer des vivres ou de l’argent pour les soutenir en ces moments de grandes difficultés économiques. La rentrée scolaire, les fêtes de Ramadan et de la Tabaski sont des occasions constantes où se manifeste la solidarité malienne. Certaines personnes ont mensuellement en charge le prix de condiments, de loyer et d’entretien de parents démunis et cela malgré la modicité des salaires maliens. Et on ne compte pas celles qui hébergent des étudiants venus du village pour poursuivre leurs études à Bamako et dans les capitales régionales. N’eût été la solidarité, beaucoup d’étudiants auraient abandonné leurs études avant même de les avoir commencées.

Il est des cas, et ils ne sont pas rares, où des travailleurs aident leurs parents à se marier en finançant tout ou partie de la dot et des cérémonies de mariage. Il en est de même des baptêmes et des autres nombreux événements sociaux que connaît notre société. Quand il y a décès dans la famille, le soutien de la communauté est tant moral que matériel. À cette malheureuse occasion on voit des parents, amis et autres connaissances apporter qui du mil, qui du riz, qui de l’argent pour alléger la famille du défunt des soucis matériels qui s’ajoutent à la douleur née de la perte d’une personne chère. Les femmes ne sont pas en reste qui apportent denbawari, balimamusowari et des pagnes et ustensiles de cuisine pour la mariée à l’occasion du mariage d’une proche. L’on pourrait aussi évoquer la solidarité paysanne qui se manifeste quand, à tour de rôle, les villageois passent cultiver et récolter les champs de ceux qui n’ont pas la main d’œuvre suffisante pour le faire. La relative stabilité de notre société est due en grande partie à la solidarité qui évite d’avoir des exclus et des marginalisés.

La liste est loin d’être exhaustive car chaque contrée a, en plus, des particularités locales dans la manifestation de la solidarité. Certes le Gouvernement fait des efforts pour matérialiser cette solidarité du mois d’octobre en offrant des kits scolaires aux enfants de parents démunis ; certes il y a des distributions de vivre, de couvertures qui sont des actes à saluer. Cependant, la meilleure solidarité en faveur des couches déshéritées du Mali est celle dont le maître d’œuvre est actuellement le ministre de l’Énergie et de l’Eau. En effet, l’accès à l’eau potable est la priorité des priorités au Mali. Si l’eau potable est encore une denrée rare à Bamako, qu’en est-il dans des milliers de localités de l’intérieur du pays ? Dans ces zones, les populations en sont réduites à boire l’eau des rivières et des marres quand on en trouve. 57 ans après le 22 septembre 1960, c’est un scandale que des Maliens manquent d’eau potable. Les nombreuses inaugurations,  par le ministre Malick Alhouseini, d’installations de source d’eau potable sont le plus bel élan de solidarité en faveur des populations maliennes. Plus d’eau potable, plus de centres de santé et plus d’écoles, voilà le « triptyque » de la Solidarité au Mali. Quiconque le résoudra entrera dans le cœur généreux des Maliens.

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