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Demba Almamy Dramé « Il faut s’intégrer pour réussir »

Originaire de la région de Kayes, Demba Dramé vit au Japon, à Tokyo, depuis 2014. Après une formation en Corée du sud en mécanique industrielle, il s’essaie d’abord au commerce, mais y renonce très vite, « parce que ça n’a pas marché et que j’ai préféré venir à Tokyo tenter ma chance ». « C’est mon frère qui m’a invité ici. Il y vit et a pensé que j’y aurai des opportunités, parce que la vie est bonne et que les salaires sont intéressants », explique le jeune homme d’une trentaine d’années. Bien qu’il existe une communauté malienne au Japon, le pays étant un archipel, « il est difficile de maintenir les liens », déplore-t-il.

Qu’à cela ne tienne, les Maliens de Tokyo se sont organisés et se retrouvent pour ne pas trop avoir le mal du pays. « On fête ensemble. On a ici une mosquée tenue par la communauté et, avec l’aide de l’ambassade du Mali, on essaie de se retrouver de temps en temps. Mais ce n’est pas facile, à cause des distances ».

Pour s’intégrer, pas de choix, il faut apprendre le japonais. « Les Japonais ne parlent que leur langue. Alors, si tu veux avoir du boulot, il faut pouvoir te vendre, et, pour se vendre, il faut parler la langue, faire ton CV et tout. J’ai donc dû prendre une année pour apprendre. Ça facilite aussi l’intégration. Aujourd’hui, j’ai mon boulot, mais aussi des amis japonais. Tout se passe bien », confie notre Tokyoïte. Mais difficile de manger le tô ou un autre plat malien à Tokyo, « à moins de le cuisiner soi-même ». Une tâche peu aisée pour ce célibataire, qui mange donc « japonais », mais « pas les sushis, quand même ! »

Le racisme, Dramé connait, mais il considère que c’est surtout une question d’ignorance. « Les gens, ici comme ailleurs, ont peur de l’étranger. Il faut juste bien se comporter et ne pas se faire remarquer négativement », conseille-t-il. La situation au pays ? Il y pense, mais « je préfère me concentrer sur mon travail et aider ma famille du Mali. La distance est grande, on s’informe, mais on préfère ne pas se faire de mauvais sang ».

Selon notre interlocuteur, il est important de conseiller les jeunes qui veulent partir à l’aventure aujourd’hui. « Ce qui importe c’est de savoir ce que l’on veut. Partout dans le monde aujourd’hui, les gens cherchent un meilleur avenir. Ici, au Japon, il y a des Américains, des Européens, des Asiatiques… Tout le monde vient pour travailler. Il faut donc être bien qualifié. Partir à l’aventure sans rien faire, c’est s’assurer l’échec ». « Il faut avoir une compétence, et surtout s’intégrer, pour réussir à faire valoir ce que l’on sait faire ». Alors, le mariage avec une Japonaise ? Dans un grand éclat de rire, il dit s’en remettre à Dieu. « Il y a des frères et sœurs ici qui ont des conjoints japonais. Moi, je me concentre sur mon travail, pour le moment »…

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