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Autorités intérimaires à Tombouctou et Taoudénit: tout ça pour ça ?

Hier, jeudi 20 avril 2017, le colonel Abass Ag Mohamed Ahmad et ses hommes ont annoncé qu’ils ont finalement eu gain de cause pour la majeure partie de leurs revendications. Par conséquent, après plusieurs reports, à cause de sa pression, le gouvernement peut librement décider de l’organisation d’une cérémonie d’installation des autorités intérimaires, à Tombouctou et Taoudénit. Toutefois, les termes de l’accord censé servir l’intérêt des populations restent secrets.

Le champ est enfin libre pour l’installation des autorités intérimaires à Tombouctou et Taoudénit. C’est en tout cas, ce qu’on peut retenir du communiqué du Congrès pour la justice dans l’Azawad (CJA). Que s’est-il passé entre le 13 et le 19 avril pour que le CJA bascule brutalement ? Y a-t-il réellement eu un accord ?

Quels en sont les termes ?

Le CJA qui est à l’origine de quatre reports de la mise en place des autorités intérimaires à Tombouctou et Taoudénit et qui a exprimé sa satisfaction depuis hier jeudi n’en pipe mot. En tout cas, jusqu’au 19 avril 2017, date du dernier report, le CJA était catégorique : pas d’autorité intérimaire sans l’implication des populations dans le choix de ceux qui vont décider. Le groupe armé dit d’autodéfense dénonçait un mépris du gouvernement. Précisément, le CJA revendiquait le droit d’être intégré au processus de DDR et d’obtenir des représentants dans les différentes commissions liées à l’accord pour la paix. Depuis le 2 mars dernier, plusieurs hauts responsables de l’État sont intervenus sans succès, dont le ministre de la Réconciliation nationale, Mohamed El Moctar pour la levée du blocage.

Programmée pour le vendredi 3 mars, puis le 7 mars, suite à la deuxième réunion de haut niveau du Comité de suivi de l’accord pour la paix, tenue à Bamako les 9 et 10 février, la mise en place des autorités intérimaires de Tombouctou et de Taoudénit a toujours été empêchée par le CJA. Il a fallu attendre la 16e session du CSA pour fixer une nouvelle échéance pour ces deux villes alors que Kidal, Gao et Ménaka avaient déjà leurs autorités intérimaires.

À l’issue des travaux du 16e CSA, le gouvernement a donné la date du 13 avril pour installer les autorités intérimaires à Tombouctou et Taoudénit. Mais c’était sans compter avec les volte-face de ce mouvement armé. À cette date, la ville était toujours tenue par le CJA faute d’accord avec le gouvernement sur ses préoccupations. C’est ainsi que la cérémonie d’installation a été de nouveau reportée à ce 19 avril.

À Tombouctou, les autorités régionales ont justifié ce report par le remaniement ministériel survenu ce mardi. Selon elles, ce report était nécessaire pour permettre au nouveau ministre, celui de la décentralisation qui devrait prendre en main la question d’en avoir suffisamment connaissance.

De leur côté, la société civile et le Congrès pour la Justice dans l’Azawad campent sur leur position. Selon eux, il n’y aura pas d’installation d’autorités intérimaires sans leur implication dans le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Selon Baba Moulaye, président du forum régional des organisations de la société civile de Tombouctou les mouvements de boycott vont se poursuivre tant qu’il n’y aura pas d’accord.

«Nous allons continuer à battre le pavé. Vous avez vu, on ne se fatigue pas. Nos militants sont composés des femmes et des jeunes. Elles ne se fatiguent pas parce qu’il s’agit de l’avenir de nos enfants et de l’avenir de ce pays. Nous demandons d’être impliqués dans tous les organes d’exécution de l’Accord de paix, dans tous les organes sans exception. Nous le demandons au nom du CJA et au nom de la société civile. Nous demandons l’inclusivité au niveau des autorités intérimaires », a-t-il confié.

Hier, à la surprise générale, la majeure partie de ces doléances a été déclarée satisfaite par les responsables du CJA, sans que personne ne sache sur quoi les parties sont tombées d’accord. Où sont alors l’intérêt du pays et celui des enfants de Tombouctou ?

Il faut rappeler que de forts soupçons pèsent sur ce groupe armé auquel beaucoup d’habitants imputent la responsabilité de l’insécurité sur plusieurs axes routiers de la région. La paix doit être enfin une réalité après la signature d’un Accord pour la paix et la réconciliation nationale et l’engagement des différents groupes armés de reconnaître l’unité du Mali, le caractère laïque et républicain du Mali.

Par Sidi DAO

Source : Info-Matin

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