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Mali : Accord d’expulsion des maliens d’Europe IBK et ses ministres ont tous menti : Nos preuves et pistes de solution

Tout comme la douleur se fait ressentir dans la tête d’une personne souffrant de maux de dents aigus, le sujet d’expulsion d’Europe de maliens sans-papiers cause d’atroces douleurs à tout le corps du malien de partout.

Seul le corps malien est endolori contrairement à la tête malienne qui a bien accepté faciliter cet acte d’expulsion. Ici le corps incarne les citoyens maliens dont la tête représente les dirigeants maliens. Dans ce corps les maliens de la Diaspora constituent la colonne vertébrale économique. La tête qui est sensé bien orienter le corps, ne doit ni le désorienter ni l’enfoncer.

Source du mensonge d’Etat

Dans le cas typique du Mali d’aujourd’hui, sans s’occuper à entretenir son corps, la tête cherche plutôt à s’embellir, à se maquiller pour paraitre et cesser d’être. Cette envie d’avoir une apparence trompeuse et ce goût du luxe l’incitent à se mentir et à mentir aux maliens et autres. Car, mentir, c’est dire ou écrire volontairement la fausse version des faits pour garder ou améliorer ses acquis. Tel a été sciemment le comportement de l’actuelle tête du Mali que constituent notre laxiste Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, dit IBK et ses suivistes ministres, Abdoulaye Diop et Abdramane Sylla.

Ce trio, se croyant trop malien, plutôt trop malin, considère des millions de maliens et d’européens comme des petits poissons faciles à noyer dans l’eau douce des interprétations de textes. Ces trois plus grands instruits maliens maitrisant le français plus que les européens, feignent d’ignorer qu’en matière de relations internationales, le Mali, depuis le 31 août 1998, a adhéré à la Convention de Vienne. Cette convention internationale adoptée le 22 mai 1969 et mise à la signature le 23 mai 1969 par la Conférence des Nations Unies sur le droit des traités, regroupant plus de 100 pays, précise sans ambiguïté :

« Art. 2. -Expressions employées. 1. a) l’expression «traité» s’entend d’un accord international conclu par écrit entre Etats et régi par le droit international, qu’il soit consigné dans un instrument unique ou dans deux ou plusieurs instruments connexes, et quelle que soit sa dénomination particulière;

2) un accord international peut prendre des formes variées et se présenter sous des dénominations diverses. […] il n’existe pas de règle de droit international interdisant qu’un communiqué conjoint constitue un accord international »

Tel est l’origine du premier gros mensonge d’Etat du ministre des Affaires Etrangères du Mali, Abdoulaye Diop qui a ouvert le bal des menteurs officiels. Il prétexta que le Communiqué conjoint co-signé par lui et son homologue néerlandais, Bert Koenders, qui a signé au nom de la Haute représentante de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères,  Federica Mogherini, n’a pas la valeur d’un Accord. Ce ministre malien publia aussitôt un démenti fragilisant : « Dans la pratique diplomatique, il est courant que des visites de cette nature soient sanctionnées par un communiqué commun, conjoint ou de presse. Celui-ci fait ressortir les sujets discutés et fixe les échéances. Aussitôt après la rencontre, le communiqué a été diffusé immédiatement et nulle part, il n’a été question de signature d’un quelconque accord qui permettrait d’expulser nos compatriotes en situation irrégulière en Europe (Voir le Communiqué). Un communiqué conjoint n’a pas la valeur juridique d’un accord en droit international. »

Pourtant, concernant le même Communiqué conjoint, le ministre des Affaires Etrangères néerlandais, Bert Koenders, venu représenter l’Union Européenne à Bamako, a fait immédiatement ce commentaire après avoir apposé sa signature : « C’est la première fois que l’UE établit des engagements aussi précis avec un pays africain à propos du retour des demandeurs d’asile refusés »

Si notre brillant ministre Diop ignorait le sens de cet Article 2, voici, de la même Convention de Vienne, cet autre passage: « Art.7. 2. En vertu de leurs fonctions, sont considérés comme représentant leur Etat :

1. les chefs d’Etat, les chefs de gouvernement et les ministres des affaires étrangères, pour tous les actes relatifs à la conclusion d’un traité;

C’est une règle de droit international bien établie que le chef de l’Etat, le chef de gouvernement et le ministre des affaires étrangères sont réputés représenter l’Etat du seul fait de l’exercice de leurs fonctions, y compris pour l’accomplissement au nom dudit Etat d’actes unilatéraux ayant valeur d’engagement international »

Au milieu de la glissante piste du mensonge, entouré de béni-oui-oui ambulants, notre étrange ministre des affaires étrangères a été rejoint par son homologue chargé des maliens de l’extérieur qui a chantonné des refrains mensongers et dénigré leurs contestateurs ainsi : « Mauvais citoyens maliens ».

Brève analyse du communiqué litigieux

Ce fameux document qui a été intitulé : « Communiqué conjoint Mali-Union Européenne à la suite du Dialogue de Haut Niveau sur la Migration » a soulevé un tollé général suite à sa publication dans des presses nationale et internationale écrites et parlées, des sites internet et des réseaux sociaux. Cela, à cause de son impact disgracieux sur la vie des maliens en Europe.

L’indignation des maliens et maliennes a été accentuée quand des leaders d’opinions au Mali, comme Master Soumy, artiste de renommée internationale, Ousmane Camara, président de l’Association des Maliens Expulsés, pour ne citer que ces deux et ceux de la diaspora dont Momo Diarra, Ben Diakité et plusieurs autres ont catégoriquement condamné cet accord entre le Mali et UE. Ainsi, de nombreux citoyens et citoyennes au Mali et à l’Extérieur n’ont pas tardé à dénoncer ouvertement et vigoureusement dans la presse  et les réseaux sociaux à travers l’écrit, l’audio et la vidéo cet accord facilitant l’expulsion des maliens d’Europe.

Ces quelques éléments de cet accord Mali-UE mettent en exergue la trahison des populations maliennes par leurs dirigeants :

Premier point : Camouflage du mot Accord

D’abord, il est important de préciser que le signataire représentant de l’UE est venu au Mali, selon la toute première phrase du terrible Communiqué conjoint : « À l’invitation de S.E.M, Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires Étrangères…» pour apprécier et signer un document préparé par la partie malienne bien conformiste « Cette visite s’inscrit dans le cadre du dialogue de Haut Niveau sur les questions migratoires initié entre le Mali et l’Union européenne depuis le Sommet de La Valette (11 et 12 novembre 2015) sur la migration.»

Ces trois grands docteurs de la langue francaise, IBK, Diop et Sylla doivent apprendre à faire la distinction entre l’appellation, l’interprétation et la signification d’un mot dont la définition logique reste liée à la phrase, au texte et au contexte dans lesquels on l’emploie. Dans la langue de Molière, le mot Accord est la définition logique des mots : Communiqué conjoint ou commun, Entente, Traité, Protocole, Protocole d’accord et autres qui ne seront jamais signés par deux parties ou plus sans que celles-ci ne soient d’accord sur le contenant et le contenu. L’Accord est un engagement. Ces parties auront transcendé leurs divergences, mésententes et désaccords pour s’accorder un outil, un moyen de collaboration afin d’atteindre un objectif commun.

Dans le but d’aider ce trio dribbleur à mieux comprendre que l’équivalent du mot Accord dans la langue de Djéli Baba Sissoko est : « Benkan », quelques détails précis s’imposent. Pour plus de précisions on dit aussi : « Benkan Sèben » appelé autrement « Kèlèban, Mankanban, Kalikan, Saratikan…» suivis du mot Sèben.

D’autre part, vous, Ibrahim Boubacar Keita, Abdoulaye Diop et Abdrahamane Sylla, vous êtes chacun un chef ou père de famille « Dou tigui » c’est-à-dire un homme ayant au moins une femme et un enfant. Au Mali, des membres d’une famille et ses proches, appellent leur père par des titres: «  Baba, Ba, Boua, Nfa, Papa, ou bien Poua ». Peu importe l’appellation attribuée : « Baba Ablaye, Ba Bourama, Boua Dramane » ou autre, il ne s’agit que d’un bon ou mauvais « Dou tigui ».

Où se trouve la raison de votre peur viscérale de donner le titre Accord à votre tordu Communiqué commun comportant pourtant ce mot « accord » deux fois :

  1. a) « …les deux parties ont marqué leur accord sur les domaines d’une coopération renforcée… ; l’accompagnement des retours d’Europe des personnes en situation irrégulière, sur la base des procédures standard, conclu entre les deux parties tout en respectant leurs obligations mutuelles. »
  2. b) « Les deux parties se sont mis d’accord de mener le prochain dialogue de Haut Niveau, permettant d’évaluer le progrès enregistré, avant le mois de Septembre 2017. »

Deuxième point : Expulsion par Cupidité (Natabaya)

Comment comprendre ce grand enthousiasme que les autorités maliennes(Président et ministres) ont manifesté en se précipitant à signer cet Accord avant tous les autres pays africains ayant participé au Sommet de la Valette des 11 et 12 novembre 2015 ? Pourtant, ces dirigeants maliens savaient très bien que malgré l’euphémisme et les nombreuses tournures inutiles de phrases dans le document, l’Objectif principal n’est que l’Expulsion d’Europe des Sans-papiers africains. Tout comme dans les documents du Sommet de Valette, l’Accord camouflé de Bamako entre le Mali et l’UE a reproduit les 5 points alors que seul le cinquième est leur objectif visé : «   5 Le retour, la réadmission et réintégration des migrants en situation irrégulière, le tout en respectant des engagements internationaux.

En toute réalité, c’est le mot EXPULSION qu’ils ont brillamment peinturé pour obtenir celui de READMISSION.

Au-delà de ces adoucissements de termes, les européens ont cru en la nécessité de proposer de l’argent aux dirigeants africains pour les inciter à vite signer ce genre d’Accord. Ils accordèrent aux gros caimans maliens un gros morceau de leur spécial Fonds fiduciaire contenant «…un montant total de 145.1 millions d’euros, dont…91.5 M.( 60 021 458 333 FCfa).  Il s’agit notamment des initiatives de création d’emploi…», souligne l’accord signé à Bamako le dimanche 11 décembre 2016. C’est par envie d’avaler ces milliards de francs cfa au lieu de les investir totalement dans la création d’emploi pour les refoulés maliens d’Europe, que les dirigeants maliens ont rapidement signé cet Accord.

Ce gros mensonge d’Etat d’IBK 

Depuis la révélation de la signature scandaleuse ayant subitement suscité de tumultueuses protestations des maliens, 20 jours se sont écoulés sans aucune déclaration de clarification du président IBK qui savait bien que ses ministres étaient chaudement décriés sur le sujet. C’est lors de son message à la nation du nouvel an 2017 qu’il a, seulement dans son discours parlé, prononcé du bout des lèvres : «…souvenez vous, Ibrahim Boubacar Keita, ne pourra jamais trahir aucun malien surtout ceux de la diaspora…». Il devrait plutôt dire ce 31 décembre 2016 que lui, Ibrahim Boubacar Keita, ne trahirait plus jamais les maliens de la Diaspora. Car, dans ce dossier Mali-UE, il avait déjà doublement trahi les maliens.

Première trahison : lors du Sommet de la Valette en novembre 2015, c’est lui Ibrahim Boubacar Keita, accompagné de ses ministres, qui a bien paraphé, en tant que président du Mali, la Résolution finale comportant les mêmes règles d’expulsion des maliens, ci-haut mentionnés. Que vaut une Paraphe, selon la Convention de Vienne dans son : « Art. 12. – Expression, par la signature, du consentement à être lié par un traité : 2. Aux fins du paragraphe 1: a) le paraphe d’un texte vaut signature du traité lorsqu’il est établi que les Etats ayant participé à la négociation en étaient ainsi convenus;

Deuxième trahison : c’est lui président qui a autorisé le ministre Diop à signer à Bamako, le 11 décembre 2016, l’Accord entre le Mali et l’UE.

Récemment coincé par la question d’une journaliste étrangère sur le sujet, le président IBK a osé encore mentir publiquement en ces termes : « On a accusé le gouvernement (malien) d’avoir signé un accord de réadmission. Nous ne l’avons pas fait et nous (ne) le ferons jamais »

L’Accord d’Expulsion est en application

Avant et après ces démentis du président qui ne sont pas du tout crédibles ni au Mali ni à l’extérieur, lisez ce texte d’un confrère : « la République de Malte vient de jeter un gros pavé dans la mare, qui contredit toutes les affirmations lénifiantes de l’Etat. Elle s’apprête en effet à expulser neuf migrants maliens, identifiés de concert avec « une mission d’identification malienne » en déplacement à Malte.

Le ministère maltais de l’Intérieur et de la Sécurité nationale a indiqué dans un communiqué publié le samedi 24 décembre que « des efforts » sont « en cours » pour le « retour » de neuf immigrés « identifiés comme ressortissants de la République du Mali ». Cela prouve si besoin est encore que malgré ses dénégations, le gouvernement malien a bel et bien signé un accord de réadmission même si celui-ci reste suspendu à la ratification de l’Assemblée nationale. », selon Dramane Alou Koné, journal Indicateur du Renouveau

Cet autre cas aussi déplorable corrobore suffisamment la collaboration malsaine du président IBK et de ses ministres Diop et Sylla avec les pays européens pour expulser les maliens : C’était le vendredi 06 janvier 2017 à l’aéroport de Bamako Sénou. Des images émouvantes(photos et videos) de deux maliens exhibant leurs Laisser-passer établis par l’Ambassadeur du Mali ayant facilité leur expulsion d’Allemagne, ont bouleversé de millions de personnes(voir photo). Un des confrères, Aguibou Sogodogo, du quotidien, le Républicain, les a suivi : « Ils sont arrivés à Bamako à bord d’un avion spécial laissant derrière eux tout leurs matériels. « Nous avons été trahis par les autorités maliennes. C’est grâce aux autorités maliennes que nous avons été expulsés. Nous voulons retourner car on a tous nos matériels là-bas. En venant, l’ambassadeur du Mali en Allemagne nous a donné que 500 euros chacun », Ils persistent et signent que l’accord de réadmission des Maliens de l’extérieur en situation irrégulière a été signé par les autorités maliennes.», précise Sogodogo.

Quant à Soumana Sacko, ancien haut fonctionnaire des Nations Unies, ancien excellent ministre des Finances, ancien brillant premier ministre du Mali et actuel président de la CNAS/Faso-Hèrè, il dénonce précisément : « Malgré les démentis plutôt embarrassés du gouvernement, avec ledit communiqué qui a bel et bien valeur juridique au double plan national et international, le Mali détient désormais la triste palme du premier Etat africain à avoir succombé aux pressions et au jeu de dupes de l’Union européenne concernant le rapatriement des émigrés africains en situation dite irrégulière »

On doit se demander encore, pourquoi, après ces nombreuses révélations, dénonciations et protestations pertinentes, sensibles et visibles, parmi tant d’autres, IBK, soutenu par ses complices ministres, députés…, continue à mentir aux maliens et au monde entier ?

Des pistes pour résolution du problème d’expulsion

La case Mali a été saccagée. Cette case ne s’est pas effondrée. Elle est réparable. Une personne ou un petit groupe de personnes suffit pour défaire instamment. Mais, il faut une grande majorité de citoyens pour refaire durablement. Chaque heure, chaque jour qui passe sans action de réfection ne fait qu’alourdir les dégâts. L’U E est déjà en action d’expulsion rapide des sans-papiers qui pourra toucher de nombreux maliens au moment du renouvellement de leurs différents titres de séjour.  Ce mauvais Accord Mali-UE, selon la Convention de Vienne, pourrait être annulé sur demande de la partie malienne. Il sera nécessaire d’avoir la solide détermination d’agir, la bonne identification et priorisation de nos pistes avant d’entamer des procédures d’annulation juridiquement, socialement et moralement permises.

Piste juridique

L’Accord dit de réadmission plutôt d’expulsion entre le Mali et UE, s’applique dans les normes réglementaires de la Convention de Vienne qui prévoit :   

« Art. 65. – Procédure à suivre concernant la nullité d’un traité, son extinction, le retrait d’une partie ou la suspension de l’application du traité

  1. La partie qui, sur la base des dispositions de la présente Convention, invoque soit un vice de son consentement à être liée par un traité, soit un motif de contester la validité d’un traité, d’y mettre fin, de s’en retirer ou d’en suspendre l’application, doit notifier sa prétention aux autres parties. La notification doit indiquer la mesure envisagée à l’égard du traité et les raisons de celle-ci. »

« Art. 67. – Instruments ayant pour objet de déclarer la nullité d’un traité, d’y mettre fin, de réaliser le retrait ou de suspendre l’application du traité 

  1. La notification prévue au paragraphe 1 de l’article 65 doit être faite par écrit.
  2. Tout acte déclarant la nullité d’un traité, y mettant fin ou réalisant le retrait ou la suspension de l’application du traité sur la base de ses dispositions ou des paragraphes 2 ou 3 de l’article 65 doit être consigné dans un instrument communiqué aux autres parties. Si l’instrument n’est pas signé par le chef de l’Etat, le chef du gouvernement ou le ministre des affaires étrangères, le représentant de l’Etat qui fait la communication peut être invité à produire ses pleins pouvoirs. »

Piste sociale

Cette piste sociale doit précéder la piste juridique. Donc, il faudrait que les populations maliennes, en grande majorité, contraignent les autorités maliennes à admettre d’abord l’existence de cet Accord pour ensuite s’engager sur la voie des  procédures d’annulation. Les acteurs de la Société civile au Mali comme dans la diaspora doivent coordonner leurs activités de manifestations pacifiques pour exercer et maintenir des pressions sur le président et ses ministres.

La Société civile occidentale fut la première à se prononcer en faveur des sans-papiers africains et à se lever contre les dirigeants européens organisateurs du sommet de la Valette des 11 et 12 novembre 2015. Ce sont 44 organisations dont le GRDR qui ont adressé une lettre ouverte de protestation au président de la république française : « elles demandent à la France et à l’Union européenne de ne pas sous-traiter leurs obligations internationales à l’égard des migrants et des demandeurs d’asile à des États qui ne respectent pas les libertés et droits fondamentaux, ni d’instrumentaliser la solidarité internationale et l’aide au développement à des fins de contrôle migratoire. »

Elles déplorent : « …en particulier les processus de Rabat et de Khartoum sur les migrations, et sur le dialogue UE-Afrique sur la migration et la mobilité ». Elle augure donc d’une aggravation des logiques d’externalisation du traitement de la demande d’asile et d’instrumentalisation des politiques d’aide au développement, à des fins de contrôles migratoires, que nous dénonçons de longue date. »

Piste morale

Cette piste doit être prioritairement scrutée et utilisée. Elle est une phase décisive de la promotion de la moralité de la lutte sociale au niveau d’abord des leaders d’opinion qui se chargeront de l’orienter et de l’animer. Ce sont ces leaders d’opinion qui sensibiliseront une grande majorité de la population à réclamer ou réparer ses droits avec constance. Car, c’est le manque de régularité et de continuité dans l’action qui empêchent les manifestations sociales d’atteindre leurs objectifs.

Compatriotes maliens et maliennes, cet Accord d’expulsion Mali-UE que vous avez si vigoureusement contesté à travers la presse, les réseaux sociaux et surtout l’occupation périodique du Consulat du Mali en France, est malheureusement en vigueur. Ne manquez pas de rigueur dans la revendication de son annulation par IBK est ses ministres qui ont engagé les maliens dans ce tourbillon.

Il n’est pas du tout trop tard pour le trio : Président Ibrahim Boubacar Keita et ses ministres, Abdoulaye Diop et Abdramane Sylla de se redresser et se relancer sur la voie de la correction de leur faute si lourde soit-elle. Ils doivent puiser de leur force morale la capacité de prendre l’incassable pilon de l’humilité pour piler dans le solide mortier de la dignité le riz de la sociabilité. Cuit dans la grande marmite de la solidarité, ce riz sociable garni de sauce de transparence, sera aisément dégusté par tous les citoyens réconfortés et réconciliés.

Les grands Hommes, dans des situations de prise de décisions importantes, doivent, au moins, faire preuve de courage incitatif, d’écoute active, d’analyse évolutive et d’autocritique constructive. Ces grands Hommes, par leur élan de modestie, feront créer ou agrandir la sympathie des gens envers eux. Un exemple patent est le cas du chef religieux Ousmane Chérif Madane Haidara. Ce grand Homme, et très populaire chef d’Ansardine Internationale a, avec humilité, présenté publiquement ses excuses pour avoir commis une grande faute d’expression blessante. Cette grande humilité de Haidara a renforcé l’estime et la confiance des gens en son égard.

L’auteur de cet article, à la fois, très dérangeant et pertinent, ne le signe pas avec son titre de président du BIPREM Fasoko, cette association qui a porté plainte contre IBK, l’actuel président de la république. Par solidarité à la malienne, la publication de cet article avait été suspendue pendant toute la période du récent séjour que IBK aurait passé en France pour des soins médicaux. Cette suspension n’a pas été faite pour complaire mais pour compatir à la souffrance d’autrui. Donc c’est le directeur de publication de votre journal qui s’assume certes, sévèrement mais sincèrement par devoir d’informer véridiquement ses contemporains et la postérité sur le plus grand et inédit problème existentiel imposé à la diaspora malienne.

Enfin, l’auteur de cet article, présentement au Canada, sera de retour bientôt au Mali. Après cette publication de ses investigations sur ce sujet crucial, il reste disponible pour faire des débats contradictoires en Bambara ou en français, au Mali ou ailleurs, avec le trio incriminé ou des représentants mandatés.

Lacine Diawara, Directeur de publication de l’Option et écrivain

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